Requiem pour les mots

Performance, 2009
Galerie Aaran, Téhéran, Iran

Mots brûlés : « عجیب » (étrange), « عمیق » (profond), « آرام » (calme), « مطمئن » (sûr)
Matériaux : bois de noyer, travertin

Cette performance a été réalisée à l’occasion de Chaharshanbe Suri, la fête du feu qui précède le Nouvel An persan.

Quatre mots en persan — « étrange », « profond », « calme » et « sûr » — ont été sculptés dans du bois de noyer et brûlés deux par deux dans le bassin vide de la galerie. Leur typographie, familière au public iranien, était inspirée des caractères couramment utilisés dans les titres de la presse. La performance commençait à la tombée de la nuit et se déroulait comme un rituel.

Le travail part d’une réflexion sur le langage comme outil de relation. Une idée se transforme en mots, quitte celui qui les prononce et doit être reconstruite comme sens par celui qui les reçoit. Lorsque cette transmission échoue, le mot reste sans atteindre le sens auquel il était destiné.

Au départ, chaque mot possède une forme et une signification distinctes. En brûlant, ils restent encore lisibles pendant un temps, puis perdent progressivement leur forme. À la fin, ils deviennent des cendres presque semblables : leurs différences ne sont plus perceptibles.

Le feu est ici lié à la purification et à la transformation. Les cendres de chaque mot ont été recueillies séparément dans des récipients en verre portant le nom du mot brûlé.